Elecam
Intrusion dans le compte Facebook officiel d’Elecam à 22 heures 22 min et y a publié des informations mensongères qui vont à l’encontre de l’éthique et des missions d’Elecam. Les hackers ayant pris le contrôle de cette plateforme ont publié un photomontage de l’opposant camerounais Maurice Kamto. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), arrivé deuxième à l’élection présidentielle d’octobre 2018, conteste les résultats depuis deux ans.
Réaction et suites judiciaires
Le lendemain matin, 24 juin 2020, Elecam alerte sur sa page : « Alerte !! la Page Facebook d'ELECAM a été piratée. ELECAM n'est pas responsable des contenus diffusés. » Le MRC de Maurice Kamto dément toute implication et met en garde ses militants contre ce qu'il qualifie de manipulation et de diversion.
Deux personnes ont été interpellées par la police nationale avec le concours de l'ANTIC, et présentées à la presse le 29 juillet 2020. Un expert de l'ANTIC déclare : « Nous avons effectué des perquisitions nous permettant de saisir des ordinateurs et des téléphones. L'analyse nous a permis de récupérer des preuves que les suspects avaient tenté d'effacer. » Les mis en cause encourent de cinq à dix ans d'emprisonnement au titre de la loi du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité.
Ce qui rend cet incident singulier dans la base — C'est le seul cas documenté où une enquête aboutit à des interpellations, à une présentation publique des suspects et à une qualification pénale explicite. Sur cinquante-huit fiches, c'est l'unique exemple d'une chaîne complète allant de l'incident à la réponse judiciaire.
Note de sourçage (OBS-CC, 9 septembre 2026) — Le champ Sources portait la seule mention « Communiqué officiel ». Les références ont été identifiées et datées.
Ce que cet incident donne à voir du cadre camerounais : ce qui est obligatoire, ce qui ne l'est pas, et ce dont personne n'a à rendre compte.
Prise de contrôle du compte Facebook officiel de l'organe chargé des élections, suivie de la publication d'un photomontage visant une figure de l'opposition. La compromission d'un compte de réseau social n'entre dans le champ d'aucune obligation de déclaration : le compte appartient à l'institution, l'infrastructure appartient à la plateforme, et ni l'une ni l'autre ne doit de compte à une autorité camerounaise.
L'épisode n'est connu que par le démenti d'Elecam et sa reprise de presse. Rien n'a été rendu public sur la manière dont le compte a été repris ni sur sa restitution. S'agissant de l'organe électoral, l'absence de compte rendu pèse au-delà de l'incident : elle laisse sans réponse la question de savoir si le canal officiel était fiable au moment où il a servi à diffuser une fausse information.
Elecam — alerte publiée sur sa page Facebook le 24 juin 2020 : « Alerte !! la Page Facebook d'ELECAM a été piratée. ELECAM n'est pas responsable des contenus diffusés »
AfricaRadio / AFP — « Cameroun : photo de l'opposant Kamto sur le Facebook piraté de la commission électorale », 24 juin 2020
https://www.africaradio.com/actualite-72704-cameroun-photo-de-l-opposant-kamto-sur-le-facebook-pirate-de-la-commission-electorale
Le360 Afrique — « Cameroun : les pirates qui avaient hacké le compte Facebook d'Elecam arrêtés », 3 août 2020
https://afrique.le360.ma/autres-pays/societe/2020/08/03/31352-cameroun-les-pirates-qui-avaient-hacke-le-compte-facebook-delecam-arretes-31352/

